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 Sujet du message: Re: Réchauffement climatique, une petite question
MessagePosté: Sam 26 Jan 2019 02:10 
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pierma a écrit:
Mais on incrimine les USA, alors qu'en France Chirac exposait déjà le risque du réchauffement, mais en 20 ans on n'a rien fait de sérieux. Pas même fichus d'investir dans le solaire et l'éolien, alors qu'ils comptent pour 25% de l'électricité allemande.


Faut arrêter avec ça. On mélange le faux et le vrai, et en fait surtout le faux et le faux.

L'électricité allemande, si vertueuse, est une de celles en Europe qui produit le plus de gaz a effet de serre par kWh produit (488 g/kWh à l'instant où j'écris). Pour une raison simple : l'Allemagne est sortie du nucléaire, et comme le solaire et l'éolien finissent par être limités par différents facteurs (dont la stabilité du réseau électrique), il ne reste que le gaz et surtout le charbon qui vit sa période de gloire en Allemagne.

https://www.electricitymap.org/?wind=fa ... emote=true

Cette comparaison délirante avec le système allemand a conduit les écologistes, puis les gouvernements français, à nous inventer une "transition énergétique" qui, dans le domaine de la production d'électricité, ne servira pas à gagner un seul gramme de CO2, tout simplement parce que le nucléaire et l'hydraulique qui constituent 90 % de la production n'en émettent pas (en cet instant, 76 g/CO2 par kWh produit en France). Mais pour faire plaisir aux adversaires du nucléaire, et à la faveur de cette "transition", phénoménal bonneteau sémantique, on se prétend toujours en retard sur l'Allemagne, alors qu'en matière d'effet de serre la production allemande est 6 fois moins vertueuse que la production française. Et on impose une "transition" visant à diminuer la part du nucléaire et augmenter la part des énergies solaires et éoliennes intermittentes à grand renfort de subventions, sans aucun effet à court terme sur les émissions de CO2, et avec probablement à moyen terme un effet négatif du fait de la nécessité d'installer des moyens de production de pointe pilotables (au gaz) pour compenser l'intermittence du solaire et de l'éolien.

Par ailleurs, même si la part de production éolienne et solaire était un critère de lutte contre le réchauffement climatique (je viens de montrer le contraire), il est faux de dire qu'on n'a rien fait en France puisqu'au contraire ce sont des modes de production en forte croissance car fortement subventionnés.


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 Sujet du message: Re: Réchauffement climatique, une petite question
MessagePosté: Sam 26 Jan 2019 13:04 
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Dupleix a écrit:
pierma a écrit:
Mais on incrimine les USA, alors qu'en France Chirac exposait déjà le risque du réchauffement, mais en 20 ans on n'a rien fait de sérieux. Pas même fichus d'investir dans le solaire et l'éolien, alors qu'ils comptent pour 25% de l'électricité allemande.


Faut arrêter avec ça. On mélange le faux et le vrai, et en fait surtout le faux et le faux.

L'électricité allemande, si vertueuse, est une de celles en Europe qui produit le plus de gaz a effet de serre par kWh produit (488 g/kWh à l'instant où j'écris). Pour une raison simple : l'Allemagne est sortie du nucléaire, et comme le solaire et l'éolien finissent par être limités par différents facteurs (dont la stabilité du réseau électrique), il ne reste que le gaz et surtout le charbon qui vit sa période de gloire en Allemagne.

https://www.electricitymap.org/?wind=fa ... emote=true

Si vous relisez ce sujet (ou d'autres consacrés à l'écologie) vous constaterez que je considère les écologistes allemands comme de sombres crétins : ils ont obtenu leur rêve de toujours, la fin du nucléaire, au profit, comme vous le soulignez, du charbon , du fioul et maintenant du gaz.
Et donc, je l'ai dit, la première puissance économique européenne a renoncé à lutter contre le CO2, la belle victoire écologiste que voila.

Mais cela n'empêche pas que l'Allemagne a réussi à monter à 25% d'électricité solaire et éolienne, un effort considérable. (alors que chez nous on est restés à quelques pourcents)
J'admets que ces deux sources posent un problème d'intermittence, mais en pratique cela n'empêche pas réellement de les utiliser. (même s'il faut pour cela, mais nous en avons déjà, quelques centrales classiques - sans parler des barrages - capables de monter en puissance très rapidement, pour lisser le tout, les centrales nucléaires n'étant pas très souples : elles ont des gradients maximum de variation de puissance.)

je vois un autre avantage, un peu paradoxal, à jouer massivement le solaire et l'éolien, sur le modèle de l'Allemagne : il s'agit d'économiser la durée de vie de nos centrales. Je pense que le débat actuel est faussé par la rage antinucléaire des écologistes et qu'il est nécessaire d'attendre avant de commencer à fermer des réacteurs. (même s'il y a encore sans doute des analyses de risques à revoir, pour vérifier quels sont les risques dans l'environnement géographique des centrales qui ont été écartés lors de leur construction. Typiquement, les inquiétudes que suscite le barrage de Vouglans ne me plaisent guère, et je pense que si on cherche des risques inattendus de ce genre on va en trouver.)

L'idée que je mets en avant, c'est que la prise de conscience du risque climatique va progresser, et que l'opinion (avec l'accumulation des étés caniculaire, entre autres) va de plus en plus se rendre compte que l'ennemi mortel est le CO2, pas le nucléaire. (Je suis atterré par les décisions prises récemment sur des fermetures de réacteurs, mais l'expérience a prouvé qu'il y avait loin entre la "décision" annoncée et la fermeture effective.)


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 Sujet du message: Re: Réchauffement climatique, une petite question
MessagePosté: Sam 26 Jan 2019 13:49 
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Dupleix a écrit:
Cette comparaison délirante avec le système allemand a conduit les écologistes, puis les gouvernements français, à nous inventer une "transition énergétique" qui, dans le domaine de la production d'électricité, ne servira pas à gagner un seul gramme de CO2, tout simplement parce que le nucléaire et l'hydraulique qui constituent 90 % de la production n'en émettent pas (en cet instant, 76 g/CO2 par kWh produit en France). Mais pour faire plaisir aux adversaires du nucléaire, et à la faveur de cette "transition", phénoménal bonneteau sémantique, on se prétend toujours en retard sur l'Allemagne, alors qu'en matière d'effet de serre la production allemande est 6 fois moins vertueuse que la production française. Et on impose une "transition" visant à diminuer la part du nucléaire et augmenter la part des énergies solaires et éoliennes intermittentes à grand renfort de subventions, sans aucun effet à court terme sur les émissions de CO2, et avec probablement à moyen terme un effet négatif du fait de la nécessité d'installer des moyens de production de pointe pilotables (au gaz) pour compenser l'intermittence du solaire et de l'éolien.

Par ailleurs, même si la part de production éolienne et solaire était un critère de lutte contre le réchauffement climatique (je viens de montrer le contraire), il est faux de dire qu'on n'a rien fait en France puisqu'au contraire ce sont des modes de production en forte croissance car fortement subventionnés.


Je me bat beaucoup sur les réseaux sociaux contre cette pseudo-transition-énergétique qui est en fait une transition électrique. SI c'était une transition énergétique, on parlerait d'énergie et on utiliserait ce type de graphiques :
Image

Où on voit la part prépondérante du pétrole, du gaz naturel et du charbon que ce soit dans la production d'énergie ou dans l'énergie consommée. On pourrait aussi avoir l'idée, saugrenue pour certains, de penser que nucléaire et ENR soient des alliés naturels pour diminuer cette part des énergies décarbonées. Idée qui gagne du terrain chez les défenseurs de la nature de très nombreux pays. Mais, en France les positions se figent dans un dogmatisme ancien.

Si on regarde les chiffres au niveau mondial, le tableau est encore plus noir :
Image

Le nucléaire c'est une source d'énergie marginale ... Même par rapport aux ENR, c'est tout dire.

En fait, quand on parle Transition Energétique en France, on voit souvent ce graphique apparaitre :
Image

Ou son petit frère en %...
Mais, avant de discuter de tout cela, il faudrait décider exactement à quoi sert la transition énergétique. Le rapport de la Cour des Comptes qui a analysé la politique énergétique française a très bien posé les problèmes. DIt trivialement, il y a écrit dans le rapport qu'on dit qu'on fait une transition énergétique pour décarboner notre production énergétique, et toutes les mesures prises sont pour diminuer la part du nucléaire, ce qui risque d'augmenter les rejets de GES...

Mais, il faudrait avoir en tête deux données. Voilà la première :
Image

Le titre de ce graphique est : "Estimation comparative de la réduction des émissions mondiales de CO2, en fonction de l'application des mesures actuelles ou des scénarios dits "450 PPM compatible"". Le petit trait bleu, c'est l'efficacité des politiques actuelles. Le reste, c'est ce qu'il faudrait faire si on vent maintenir le réchauffement global dans quelque chose "d'acceptable". Pour l'instant, cela est jugé réalisable. Si on le veut, on peut le faire... Mais faudrait-il encore le vouloir et accepter les conséquences pour nos sociétés. Dans le même temps, si on ne fait rien, il faudra aussi en accepter les conséquences, et là on n'aura pas le choix.

Pour le second graphique, il faut prendre en compte que l'homme est un animal comme les autres et que ce qui nous cause du tort en cause aussi au reste de l'environnement. Voici donc une estimation du nombre d'années de vies perdues en fonction des différentes sources d'énergie :
Image

Voici le commentaire qui accompagne ce graphique :
Citation:
Donne une mesure du nombre de décès prématurés dus aux nuisances « externes » (pollution atmosphérique essentiellement). Cela correspond à un raccourcissement global de l'espérance de vie par tWh d'électricité produite avec ce type d'énergie (1 térawattheure = consommation annuelle électrique d'une ville de 200 000 habitants).


Ces graphiques sont issus de la page suivante : Energie : les cles pour un débat public réussi

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 Sujet du message: Re: Réchauffement climatique, une petite question
MessagePosté: Sam 26 Jan 2019 19:51 
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D'accord avec ces conclusions, sachant qu'à mon avis rien de sérieux ne se fera au niveau mondial tant qu'on n'aura pas eu les "tragédies prévisibles" (Nicolas Hulot) qui feront bouger les grands pays émetteurs. On voit déjà que pour faire quelque chose de sérieux en France (où l'origine humaine du réchauffement climatique n'est pas sérieusement contestée) c'est déjà la croix et la bannière, et de fait ça n'avance pas, alors aux USA...

Ce qui n'est d'ailleurs pas une raison pour ne rien faire (des petits malins agitent régulièrement l'idée que nous ne représentons que 1% du CO2 mondial, et donc que l'enjeu n'est pas chez nous, oubliant au passage que ce score est également dû au nucléaire) d'abord parce que chacun doit faire sa part, ensuite par qu'il ne serait pas mal qu'un grand pays développé donne l'exemple d'une économie décarbonée. (Après tout ça doit pouvoir se faire - même si certaines technologies ont encore à progresser - sans coûter plus cher que l'orgie actuelle de pétrole et de logements mal isolés. Ces investissements seront au pire transparents, au mieux très rentables.)

Une autre remarque, dans les statistiques produites sur la transition énergétique, il y a une confusion systématiquement entretenue entre les énergies renouvelables et les énergies décarbonées. Or le bioéthanol ou les déchets (organiques, qu'il s'agisse de déchets ménagers ou naturels) c'est très bien, et ça vaut mieux que d'acheter et consommer du pétrole, mais ça reste de la combustion.

(Pour les déchets, il n'y a pas d'inconvénient à transformer en énergie ce qui autrement se dégraderait à l'air libre - ou serait brûlé - mais le bioéthanol, c'est du CO2. Sur Wiki, on trouve par exemple pour l'Allemagne le chiffre de 33% d'énergies renouvelables, mais pas clairement le chiffre d'énergies décarbonées - que je situe autour de 25%, en me basant sur leur production de bio-carburants - qu'ils préfèrent d'ailleurs brûler dans des centrales plutôt que dans des voitures, mais on a vu que ça se valait à peu près, en termes de rendement. Sauf que ça leur permet d'afficher un score plus élevé d'électricité dite propre, alors que pour ces centrales là c'est de la foutaise : elles génèrent du CO2 comme toutes les autres.)

J'ai besoin d'une précision (là j'avoue mon ignorance) : quelle est la différence entre "énergie primaire" et "énergie consommée" ?


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 Sujet du message: Re: Réchauffement climatique, une petite question
MessagePosté: Dim 27 Jan 2019 16:56 
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pierma a écrit:
J'ai besoin d'une précision (là j'avoue mon ignorance) : quelle est la différence entre "énergie primaire" et "énergie consommée" ?


Voici 2 liens :
Différence entre énergie primaire et énergie finale

Énergie primaire et énergie finale en France : quelle différence ?

En fait, dans de nombreux documents on dit que la différence ne compte que pour l'électricité. Mais, si on allait au bout du bout, le carburant ne "nait" pas au pistolet de la pompe des distributeurs. Pour amener un litre de carburant au bout du tuyau de la pompe, il a fallu extraire du pétrole, le transporter, le raffiner, transporter le carburant et le distribuer. Cela a un coût énergétique.... et on en tient rarement compte lorsque l'on fait le bilan énergétique de la France. Alors qu'on tient compte des pertes de transport et de transformation en ce qui concerne l'électricité

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 Sujet du message: Re: Réchauffement climatique, une petite question
MessagePosté: Dim 27 Jan 2019 18:19 
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D'accord c'est très clair.

C'est l'écart énorme entre les deux qui a suscité mon incompréhension, mais en fait ça comprend le rendement des centrales.


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 Sujet du message: Re: Réchauffement climatique, une petite question
MessagePosté: Sam 9 Fév 2019 07:41 
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pierma a écrit:
Bon sang, j'espère bien que le réchauffement climatique est d'origine humaine, il nous imposera de prendre des mesures pour sortir de cette trajectoire folle, et ce serait donc un mal pour un bien.

C'est la conclusion que le GIEC s'efforce de démontrer : l'homme mauvais doit se plier à un gouvernement global - le leur. Néanmoins, il n'est pas scientifique de passer à côté des hypothèses et des résultats qui contestent une conclusion.
Dupleix a écrit:
Une période de refroidissement identifiable au bout d'un an : de qui se moque-t-on ?

Le GIEC a bien eu du mal à gérer médiatiquement la période de refroidissement des années 2001-2013... En fait, il ne communique qu'à la hausse, comme un gouvernement sur le taux d'emploi.

Avec le recul, nous en ririons, comme nous pouvons rire des annonces de glaciation dans les années 1970, par certains des partisans actuels du réchauffement.

Par ailleurs, une chose est d'annoncer un réchauffement (devenu plus prudemment "changement") climatique, une seconde est de démontrer une causalité humaine.

Tout ça pour prendre un peu de recul... comme certains glaciers. Pas les marchands de glace.
pierma a écrit:
J'ai beaucoup aimé aussi l'augmentation du nombre d'ours polaires !

Voilà un observable que vous pouvez vérifier : l'avez-vous fait ? C'est la première chose que mon aînée a demandé à contrôler quand je lui parlai de l'article. Également l'occasion de démonter le mythe médiatique de la photo de l'ours polaire affamé (ou celle de l'ours dérivant sur son glaçon) comme argument scientifique.

***

Sorti de mes piques polémiques, je suis d'accord avec ce que je lis dans ce fil de discussion : les "transitions électriques", la nécessaire responsabilisation de l'homme pollueur, les doutes. C'est juste pour débattre et ne pas passer à côté d'une réalité qui pourrait échapper au climato-alarmistes.


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 Sujet du message: Re: Réchauffement climatique, une petite question
MessagePosté: Sam 9 Fév 2019 15:21 
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Geopolis a écrit:
une chose est d'annoncer un réchauffement (devenu plus prudemment "changement") climatique, une seconde est de démontrer une causalité humaine.
Voilà une excellente question.

On est effectivement dans un domaine fait de statistiques et de probabilités, où une démonstration au sens logique du terme me paraît quasi impossible. Et ce, même pour l’analyse du passé, et à plus forte raison pour les prévisions.

Je note que le rapport du GIEC ne prétend pas démontrer une causalité humaine, mais parle en termes de probabilités. Par exemple, dans le 5ème rapport : « il est extrêmement probable qu’ils [les effets des émissions anthropiques] aient été la cause principale du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle ».
Ainsi, aussi bien ceux qui disent que cette causalité est démontrée, que ceux qui prétendent attendre la preuve, me semblent également de mauvaise foi.

Geopolis a écrit:
C'est la conclusion que le GIEC s'efforce de démontrer : l'homme mauvais doit se plier à un gouvernement global - le leur. Néanmoins, il n'est pas scientifique de passer à côté des hypothèses et des résultats qui contestent une conclusion.

A un moment donné, il faut aussi le dire : à notre époque formidable, tout le monde se sent légitime d’avoir un avis sur tout. Or, rares sont ceux dont le bagage scientifique et la curiosité sont suffisants pour comprendre les modèles et raisonnements du GIEC (ou autres) – bref, leurs travaux, car travail il y a. Donc, pour contester ces résultats, soit on invoque des intentions politiques supposées (cela s’appelle un procès d’intention) ; soit on fait appel à des constats ou résultats contradictoires, que le GIEC est sommé de prendre en compte, faute de quoi ses conclusions ne sont pas scientifiques. Curieusement, on est alors beaucoup moins regardant sur la solidité scientifique de ces prétendus constats et résultats contradictoires.
Je vous donne un exemple : le 2 février 2019, à Limoges, il a fait beaucoup plus froid que la veille. Voilà donc un résultat on ne peut plus factuel, et contradictoire avec les conclusions du GIEC. Or je vois qu’ils n’en tiennent pas du tout compte dans leur rapport, c’est donc que celui-ci est biaisé.
J’exagère ? A peine plus que si je prétendais qu’il y a un refroidissement depuis 1 an, non pris en compte par le GIEC, etc.

Et donc dans ce genre de discussion j’ai tendance à m’appuyer non seulement sur mon bon sens (dont on voit qu’il est faillible), mais aussi sur les résultats scientifiques, et donc à accorder un minimum de confiance aux scientifiques (je sais que ce n’est pas très à la mode).

Et du peu que j’ai pu comprendre :
- la température actuelle moyenne de la planète est à un maximum historique, et elle augmente depuis 50 ans ;
- certains gaz, dont le CO2, produisent un effet de serre qui provoque une augmentation de la température moyenne ;
- la concentration en CO2 dans l’atmosphère a fortement augmenté depuis un siècle et est notablement supérieure à ce qu’elle a été pendant plusieurs centaines de milliers d’années ;
- aujourd’hui l’activité humaine émet de grandes quantité de CO2 dans l’atmosphère.

Conclusion : tout est en place pour que la température moyenne atteigne des niveaux jamais vus dans l'époque historique, et l'activité humaine y contribue.
Donc :
- soit on pense que l’on pourra s’adapter sans problème à une augmentation future de la température moyenne. Ce n'est pas mon cas, l'histoire nous montre que des variations bien plus faibles de température ont eu des effets importants sur les sociétés humaines ;
- soit on compte sur des effets naturels pour compenser les émissions de gaz à effet de serre. Pourquoi pas. Mais ces effets, que nous ne maîtrisons pas par définition, peuvent jouer dans un sens ou dans l'autre. Dans ce cas, la meilleure solution est de prier, et la bonne nouvelle est que l'on peut chauffer au charbon les lieux de culte.
- soit on s’attache à réduire ces émissions.

J'ai donc la faiblesse de penser que c'est cette troisième option la meilleure. Dans ce cas, la discussion sur le fait que les rapports du GIEC sont trop, beaucoup trop, ou énormément trop pessimistes, biaisés ou non, et cachent ou non une tentative de gouvernement mondial, n'a guère de sens. Car on voit qu'au global, l'effet de ces rapports est limité, que les actions de réduction des émissions sont légères, voire nulles, et que le gouvernement mondial n'est pas pour demain grâce à des leaders réalistes tels Trump et Bolsonaro.


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 Sujet du message: Re: Réchauffement climatique, une petite question
MessagePosté: Sam 9 Fév 2019 15:49 
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Concernant les effets naturels, le GIEC, ou les scientifiques du climat en général s'attendaient à des effets naturels en retour, de nature à freiner le phénomène.
Il est assez fréquent, en physique, que "les effets s'opposent à la cause qui leur a donné naissance."
Par exemple - et c'est la première chose qui vient à l'esprit - ils pensaient que l'augmentation de température allait augmenter la vitesse du cycle de l'eau :
+ d'évaporation --> + de précipitations --> croissance + rapide des végétaux --> absorption plus importante du CO2.

j'ignore si cet effet a été mesuré. (il se produit forcément, mais le mesurer est une autre paire de manches.)

En revanche ils ont eu droit à des mauvaises surprises qu'ils n'avaient pas forcément prévues, ou pas à ce point :
- le dégel, total ou saisonnier, du pergélisol, qui a emprisonné, et libère maintenant, du CO2 ou du méthane "fossile". (La seule consolation est que cette libération de GES n'a lieu qu'une fois, à priori ?)
- La fonte (disparition, ou moindre durée saisonnière) des banquises diminue la part du rayonnement solaire immédiatement réfléchie.
- il me semble qu'il y a aussi un souci avec la quantité de CO2 (ou d'oxygène ?) stockée par les océans, liée à l'élévation de leur température, mais je n'ai pas mémorisé précisément le phénomène.


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 Sujet du message: Re: Réchauffement climatique, une petite question
MessagePosté: Dim 10 Fév 2019 13:18 
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Dupleix a écrit:
Je note que le rapport du GIEC ne prétend pas démontrer une causalité humaine, mais parle en termes de probabilités. Par exemple, dans le 5ème rapport : « il est extrêmement probable qu’ils [les effets des émissions anthropiques] aient été la cause principale du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle ».
Ainsi, aussi bien ceux qui disent que cette causalité est démontrée [...] me semblent également de mauvaise foi.

Ce qui nous conduit à la démonstration scientifique. Celle-ci se fonde sur trois types de preuves.

La plus faible de ces preuves est la corrélation. Elle stipule que deux événements concomitants pourraient avoir une relation de cause à effet. C'est sur ce seul type de preuve que fonctionne le GIEC : 1. "L'homme libère du CO2 dans l'atmosphère" ; 2. "Il y a de plus en plus de CO2 dans l'atmosphère." ; 3. "Les températures augmentent." qui est devenu, à cause des années 2001-2013 ou elles ont diminué ou se sont stabilisées : "Le climat se dérègle."

Or une corrélation ne démontre pas la relation de cause à effet. On peut aussi bien affirmer que "Plus Dupleix vieillit, plus il y a de CO2 dans l'atmosphère." Les deux phénomènes sont strictement corrélés sans relation de cause à effet entre eux.

C'est pourquoi les scientifiques les plus avertis et consciencieux restent dubitatifs devant les affirmations clamant une relation de cause à effet entre les émissions "humaines" de CO2, l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère et les changements climatiques.
Dupleix a écrit:
Ainsi, [...] ceux qui prétendent attendre la preuve, me semblent également de mauvaise foi.

On n'est jamais de mauvaise foi quand on attend une preuve. Il existe seulement des gens qui prennent (ou avancent en toute mauvaise foi) pour des preuves des corrélations qui n'en sont pas ; et des gens qui savent que ces corrélations ne constituent pas de preuves.
Dupleix a écrit:
A un moment donné, il faut aussi le dire : à notre époque formidable, tout le monde se sent légitime d’avoir un avis sur tout. Or, rares sont ceux dont le bagage scientifique et la curiosité sont suffisants pour comprendre les modèles et raisonnements du GIEC (ou autres) – bref, leurs travaux, car travail il y a.

J'ai conscience de l'existence des experts auto-proclamés comme du risque d'en être.
Dupleix a écrit:
Donc, pour contester ces résultats, soit on invoque des intentions politiques supposées (cela s’appelle un procès d’intention) ;

Je suis d'accord pour dénigrer les attaques ad hominem, à ceci près :

1. Les climato-alarmistes n'utilisent que ces attaques pour dénigrer leurs contradicteurs, des "mercenaires du business polluant" ou "idiots utiles incompétents" ; il paraît normal qu'elles leur soient retournées, qui plus est très légitimement ("mercenaires du business écolo et des apôtres du gouvernement global" et autres "vedettes médiatiques idiots utiles incompétents") ; des scientifiques climato-alarmistes ont même réclamé la censure et l'ostracisme de scientifiques contradicteurs, ce qui est idéologique et antiscientifique.

2. Les scientifiques climato-alarmistes se contorsionnent dans l'étroite limite de leurs champs de connaissances pour retomber sur leurs conclusions établies a priori pour ne pas aborder les observables qui les contredisent. Un jour la Terre se refroidit, puis elle se réchauffe, puis non, puis si, les données contradictoires sont imputées au Soleil, puis aux courants marins, avec des hypothèses contrevenant parfois à des conclusions géologiques et astronomiques assez solidement étayées. Je suis assez compétent en raisonnement scientifique pour ne pas y voir les mêmes contorsions des savants racistes du XIXe siècle qui s'efforçaient de démontrer, quitte à rayer quelques observables gênants, que l'intelligence des hommes qui leur ressemblaient étaient supérieure à celle des autres peuples, des autres classes sociales, des femmes, etc., et dont les impostures scientifiques sont aujourd'hui documentées tandis qu'elles conduisaient des gens en prison ou à des stérilisations forcées en leurs temps.

C'est ce second comportement qui m'alarme sur la faiblesse de leur raisonnement scientifique.
Dupleix a écrit:
soit on fait appel à des constats ou résultats contradictoires, que le GIEC est sommé de prendre en compte, faute de quoi ses conclusions ne sont pas scientifiques. Curieusement, on est alors beaucoup moins regardant sur la solidité scientifique de ces prétendus constats et résultats contradictoires.

Oh non, je peux vous dire qu'ils sont autant scrutés que la probité de notre avant-dernier président de la République. Hélas, ces observables existent, ayant même astreint les climato-alarmistes à ne plus parler de réchauffement à la fin de la période 2001-2013 pour l'atténuer en "changement climatique".
Dupleix a écrit:
Je vous donne un exemple : le 2 février 2019, à Limoges, il a fait beaucoup plus froid que la veille. Voilà donc un résultat on ne peut plus factuel, et contradictoire avec les conclusions du GIEC. Or je vois qu’ils n’en tiennent pas du tout compte dans leur rapport, c’est donc que celui-ci est biaisé.

Pas du tout, c'est un observable ponctuel noyé dans des moyennes plus étendues dans la durée et la géographie. J'observe néanmoins que les climato-alarmistes font de même, avançant parfois des données locales et ponctuelles (telle canicule, tel record...) pour illustrer leur théorie (et pallier à la faiblesse de leur démonstration).

Personnellement, si ces détails m'amusent intellectuellement, je leur accorde peu d'importance.
Dupleix a écrit:
J’exagère ? A peine plus que si je prétendais qu’il y a un refroidissement depuis 1 an, non pris en compte par le GIEC, etc.

Le GIEC est très gêné quand ses prédictions n'adviennent pas et modifie ses constats tout en tentant de trouver des phénomènes expliquant pourquoi il s'est planté. Le plus important est de démontrer, in fine, la faute humaine.
Dupleix a écrit:
Et donc dans ce genre de discussion j’ai tendance à m’appuyer non seulement sur mon bon sens (dont on voit qu’il est faillible), mais aussi sur les résultats scientifiques, et donc à accorder un minimum de confiance aux scientifiques (je sais que ce n’est pas très à la mode).

Et du peu que j’ai pu comprendre :
- la température actuelle moyenne de la planète est à un maximum historique, et elle augmente depuis 50 ans ;
- certains gaz, dont le CO2, produisent un effet de serre qui provoque une augmentation de la température moyenne ;
- la concentration en CO2 dans l’atmosphère a fortement augmenté depuis un siècle et est notablement supérieure à ce qu’elle a été pendant plusieurs centaines de milliers d’années ;
- aujourd’hui l’activité humaine émet de grandes quantité de CO2 dans l’atmosphère.

D'accord sur cela.
Dupleix a écrit:
Conclusion : tout est en place pour que la température moyenne atteigne des niveaux jamais vus dans l'époque historique, et l'activité humaine y contribue.
Donc :
- soit on pense que l’on pourra s’adapter sans problème à une augmentation future de la température moyenne. Ce n'est pas mon cas, l'histoire nous montre que des variations bien plus faibles de température ont eu des effets importants sur les sociétés humaines ;

Non, les périodes dont vous parlez présentaient des écarts de températures plus importants que les actuels. Par exemple, il y avait des forêts au Groenland, on cultivait la vigne en Angleterre et les Pays-Bas étaient submergés durant la période d'expansion des Vikings. D'ailleurs, nous sortons d'un épisode très froid (vers 1800) et d'un autre moindre (vers 1940) et il paraît peu surprenant que les températures augmentent depuis, d'autant que l'unique relevé fiable remonte vers 1900 (au Bourget) ; comment s'enflammer avec si peu de relevés et de recul ?
pierma a écrit:
En revanche ils ont eu droit à des mauvaises surprises qu'ils n'avaient pas forcément prévues, ou pas à ce point :
- le dégel, total ou saisonnier, du pergélisol, qui a emprisonné, et libère maintenant, du CO2 ou du méthane "fossile". (La seule consolation est que cette libération de GES n'a lieu qu'une fois, à priori ?)
- La fonte (disparition, ou moindre durée saisonnière) des banquises diminue la part du rayonnement solaire immédiatement réfléchie.
- il me semble qu'il y a aussi un souci avec la quantité de CO2 (ou d'oxygène ?) stockée par les océans, liée à l'élévation de leur température, mais je n'ai pas mémorisé précisément le phénomène.

Rassurez-vous, les climatologues du GIEC ne le comprennent pas précisément non plus. Ces surprises leur permettent de justifier que leurs prédictions n'adviennent pas. Leur avenir est vers les géologues et les paléoclimatologues, qui cumulent des observables sur une très longue durée et qui présentent l'immense avantage d'être, eux, advenus ; j'entends par-là que ce qu'ils observent s'est réellement produit. C'est pour cela que ces champs scientifiques restent les plus dubitatifs sur le climato-alarmisme.

La réalité est que les climatologues composent une science nouvelle, jeune, avec peu de recul encore, et qu'ils sont imprudents en affirmant en savoir beaucoup plus qu'ils ne connaissent.


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