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 Sujet du message: Opération Barkhane : quelles perspectives ?
MessagePosté: Mer 4 Déc 2019 02:22 
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Inscription: Jeu 12 Fév 2009 19:50
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Un article du colonel Goya qui se demande quelle stratégie la France doit adopter à long terme pour cette opération.

Autant les objectifs de l'intervention au Mali étaient clairs (reconquérir le terrain et poursuivre des groupes jihadistes constitués), autant l'action actuelle au Mali pose question, et pour une raison essentielle : le gouvernement malien de Bamako est une catastrophe, corrompu (il pille l'aide internationale) et agressif avec sa propre population, spécialement les Touaregs, qui crée dont plus de vocations jihadistes que l'armée française ne le craignait.

En même temps, ce gouvernement, qui s'abrite derrière la présence militaire française, est incapable de former et motiver ses propres troupes, et ne semble donc pas sur le chemin de renforcer les soldats français.
https://lavoiedelepee.blogspot.com/2019/12/de-ma-terre-jusquau-sahel.html?fbclid=IwAR0ujN0VyEXVmJtgN1mHrN-mt3Xrwv-kI74RMeKxEvW75MaNOCL41TuRV5k
Citation:
Une bonne stratégie recherche le centre de gravité de l’ennemi, ce qui fait sa force, et s’efforce ensuite de le détruire ou moins de le réduire au maximum. Or, le centre de gravité des jihadistes n’est pas leurs chefs ou leurs quelques milliers de combattants au total. Quand nous les éliminons au rythme moyen d'un tous les deux jours, ils se renouvellent, preuve que le problème est plus dans la cause de leur existence que dans cette existence même. Le centre de gravité des jihadistes est à Bamako. Ce qui fait la force de nos ennemis sur place, c’est l’incapacité de l’État malien à établir une paix durable avec les Touaregs, à faire venir son armée ou la police dans les villages qui appellent à l’aide, à rendre la justice entre les éleveurs du centre du pays, à empêcher par voie de conséquences la création de milices communautaires qui vont à leur tour provoquer des exactions contre cet Autre qui est forcément à la source des problèmes. Il apparaît comme une administration corrompue et inefficace face à des organisations qui, elles, rendent la justice, éduquent parfois, font la police et payent leurs combattants.
Et c’est ainsi que l’on a laissé nos soldats au milieu d’une situation qui ne pouvait que se dégrader tant que l’échelon politique malien ne prenait pas ses responsabilités, ce qu’il n’a jamais fait. Peut-être que notre présence y a même contribué. Pourquoi faire des efforts difficiles pour résoudre les problèmes internes ou pour combattre vraiment les jihadistes quand on est protégé dans son existence par les soldats français ? Pourquoi changer quand la persistance des problèmes incite à une aide internationale de plusieurs milliards d’euros dont peu arriveront dans les villages ? Atout supplémentaire, les Français peuvent faire d’excellents boucs émissaires lorsque les problèmes ne sont pas résolus.


Nous sommes donc en présence d'un problème plus que classique avec les gouvernements africains, avec l'inconvénient, ici, que c'est au milieu d'un affrontement avec une idéologie religieuse armée qui prospère sur cette situation, dont nos soldats font les frais.


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 Sujet du message: Re: Opération Barkhane : quelles perspectives ?
MessagePosté: Mer 4 Déc 2019 09:50 
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Inscription: Mar 27 Avr 2004 18:38
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La solution ne peut être que politique. Tant que Bamako refusera d'accorder une certaine autonomie aux Touareg, la situation délétère persistera. Il n'y a pas que le problème islamiste.

_________________
Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (Guillaume le Taciturne)


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 Sujet du message: Re: Opération Barkhane : quelles perspectives ?
MessagePosté: Mer 4 Déc 2019 11:03 
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Inscription: Jeu 12 Fév 2009 19:50
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Jean-Marc Labat a écrit:
La solution ne peut être que politique. Tant que Bamako refusera d'accorder une certaine autonomie aux Touareg, la situation délétère persistera. Il n'y a pas que le problème islamiste.

Ce n'est sans doute pas le seul problème, mais c'est le plus important.

Au moment de l'intervention de 2013, les Français ont traité avec les Touareg, dont ils ont "décroché" le mouvement principal de son alliance jihadiste, et ont respecté, en gros, les limites territoriales que celui-ci réclamait.
Tollé à Bamako : je me souviens d'interviews où des habitants critiquaient ce choix "colonialiste" fait par les Français. Sachant que les noirs de Bamako sont racistes et méprisent totalement les Touaregs, ils comptaient paisiblement que l'armée française allait "nettoyer" le problème. (Il y avait déjà eu des affrontements armés entre Touaregs et armée malienne - où les Touaregs ont réussi à maintenir leur implantation - avant même que AQMI vienne mettre le souk islamiste dans la région.)

Il faut dire que le découpage géographique du Mali rendait ce conflit inévitable.

En regardant un peu, je m'aperçois qu'il y a aussi des Songhaïs (éleveurs nomades) et même des Peuls, dans la partie sud. - la carte de l'article est intéressante.


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 Sujet du message: Re: Opération Barkhane : quelles perspectives ?
MessagePosté: Mer 4 Déc 2019 20:03 
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Inscription: Jeu 15 Avr 2004 23:26
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Localisation: Alsace, Colmar
"Faut-il rester au Mali ?" Ce qui me fait le plus peur dans cette question, c'est lorsque je me rends compte qu'une partie de ceux qui la posent finissent par répondre qu'on n'a pas le choix, car partir serait tellement lourd de conséquences...

Je pense qu'une partie des "parisiens" aimerait un gouvernement malien plus impliqué. La population malienne donne des signes de fatigue face à la situation et à l'état de guerre : Le président malien appelle à ne pas "mordre la main" tendue de la France

Citation:
“Nous n’avons aucune raison de nous glorifier d’avoir tendu la main à ceux qui en avaient besoin hier”, a assuré M. Keïta en référence à l’engagement de soldats maliens pendant les guerres mondiales ou dans les missions de paix, “mais nous n’avons non plus aucune raison de mordre la main de ceux qui nous tendent les leurs aujourd’hui”.

Il a par ailleurs fixé au 14 décembre le lancement officiel du dialogue national dit inclusif qu’il a mis sur les rails en mai et qui a donné lieu à des mois de consultations. Il est censé mettre les Maliens autour de la table et établir une feuille de route.

Le président malien a laissé entendre que ce lancement prendrait la forme d’un congrès et a appelé “toutes les forces vives de la Nation” à prendre part à ce dialogue, “entré dans la dernière ligne droite”.

L’initiative s’est heurtée jusqu’alors à la non-participation d’acteurs importants, comme la principale formation d’opposition, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie.

“Nous devrions saisir l’opportunité offerte de la mise à plat, et du diagnostic profond”, a ajouté M. Keïta. Les conclusions et résolutions issues de ce dialogue seront mises en oeuvre par un mécanisme indépendant, a-t-il assuré.


En fait, pas mal de français aimeraient que le Mali fasse plus d'efforts pour se sortir du pétrin. Pas, dans plusieurs régions, et pas seulement là où il y a des touaregs, il y a des populations qui pensent que le gouvernement malien ne les représente plus et qu'il n’œuvre pas pour l'intérêt commun.

Mais la situation militaire n'est pas des meilleures. Il y a une espèce de contre-attaque générale par les terroristes qui frappent au Mali, mais aussi au Burkina voisin et dans les autres pays du G5. Burkina : trois militaires et une "vingtaine de terroristes" tués dans le Nord

Citation:
“Dans la nuit du 2 au 3 décembre, les détachements militaires de Toeni (province de Sorou, Nord-Ouest) et Bahn (province de Loroum, Nord) ont simultanément été attaqués aux environs de 2H. La vigoureuse contre-attaque a permis de neutraliser une vingtaine de terroristes (…) Trois des soldats ont malheureusement perdu la vie”, selon le texte.

Sept autres soldats ont été blessés lors “des combats qui ont été intenses”, précise le communiqué. “De l’armement, des munitions, une dizaine de motos et divers autres matériels ont été saisis”, selon l’armée.

Des sources sécuritaires avaient donné le même bilan à l’AFP un peu plus tôt dans la journée. Déjà, le 18 octobre, cinq membres des forces de défense et de sécurité avaient été tués et 11 blessés au cours de deux attaques simultanées à Bahn et Yensé (Nord), selon l’armée.

Dimanche, 14 fidèles ont été tuées lors de l’attaque d’une église protestante, dans l’est du Burkina Faso, près de la frontière nigérienne.
Attaques jihadistes de plus en plus fréquentes

Malgré la présence des forces françaises (Barkhane), régionales (force conjointe du G5 Sahel comprenant le Mali, le Burkina, le Niger, la Mauritanie et le Tchad) ou de l’ONU (Minusma).

Le Sahel fait l’objet d’attaques jihadistes de plus en plus fréquentes après les premières violences dans le nord du Mali en 2012. Depuis 2015, les attaques jihadistes au Burkina ont fait plus de 700 morts, selon un décompte de l’AFP et environ 500.000 déplacés internes et réfugiés, d’après les Nations unies.

Ces attaques, quasi quotidiennes, sont rarement revendiquées mais attribuées à des groupes armés jihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d’autres au groupe État islamique.

Les forces de l’ordre, qui paient un lourd tribut, semblent incapables d’enrayer les violences jihadistes. Elles restent sous-équipées et sous-entraînées, en dépit des discours volontaristes du gouvernement.

Depuis début novembre, les forces de défense et de sécurité ont annoncé avoir tué 76 jihadistes lors de plusieurs opérations, sans que l’on puisse confirmer ces bilans de manière indépendante.

_________________
Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable


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 Sujet du message: Re: Opération Barkhane : quelles perspectives ?
MessagePosté: Mer 4 Déc 2019 22:40 
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Inscription: Jeu 12 Fév 2009 19:50
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Déjà la Minusma on oublie : les forces de l'ONU ne se battent pas, sauf si vraiment elles sont attaquées.

Dans l'est du Congo (RDC - Zaïre...), donc au Kivu, la Monuc, devenue Monusco, n'a jamais servi à rien. les groupes armées pillent les ressources rares qui sont la malédiction de cette région, ils sont donc bien équipés et très motivés.

Le problème est récurrent : l'ONU fait du "maintien de la paix" dans une région qui est en guerre. L'armée française a vécu ça en Bosnie. (et pour certains pays contributeurs c'est un gagne-pain, rien de plus.)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mission_de_l%27Organisation_des_Nations_unies_en_r%C3%A9publique_d%C3%A9mocratique_du_Congo

Citation:
Ces dernières années, le rôle principal de la MONUSCO est de protéger les civils Congolais. Mais force est de constater que, après plus d'une vingtaine d'années de présence des forces onusiennes en République Démocratique du Congo, la géostratégie dans la région des grands lacs africains ne cesse d’être de plus en plus perceptible sur la base du pillage des minerais de sang, des violences sexuelles, des crimes de guerre et crimes contre l'humanité... De plus, « depuis plusieurs années, les forces armées de maintien de la paix sont intervenues souvent, très mal ou trop tard, mais la charte onusienne leur interdit de se mêler des affaires intérieures des États. En effet, à cause d’une passivité trop excessive, elles paraissent moins efficaces sur le terrain où elles interviennent. Cela est sans doute dû au fait que les résolutions votées par les États membres préconisent, par peur du danger, la simple interposition et non le rétablissement du droit, au besoin par la force.


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