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 Sujet du message: Re: L'UE à la croisée des chemins
MessagePosté: Ven 28 Juil 2017 16:33 
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Il y a certainement une excellente raison à la préemption par le gouvernement français. Cela n'empêche pas de relever, dans la présente discussion qui porte sur l'Union Européenne, que ce fleuron, qui appartenait autrefois au groupe Alstom, ait été cédé sans difficulté à un groupe norvégien ultérieurement passé sous contrôle coréen et qu'il y a maintenant obstacle à une session à un groupe italien dont l'Etat italien est actionnaire. L'Europe de l'industrie reste à construire.


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 Sujet du message: Re: L'UE à la croisée des chemins
MessagePosté: Ven 28 Juil 2017 18:09 
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Je vais poser une question naïve aux économistes ( ou ayant de bonnes connaissances en la matière), comment se fait il que la France qui a une épargne de 11.000 Mds d'Euros en liquidité (valeurs en bourse, assurance vie, comptes de dépôts, or, etc...) ne réussisse pas à recapitaliser des industries françaises rentables. Le chiffre que j'ai donné, trouvé sur Google représente quand même cinq années de P.I.B. :!: Bien sûr, ce chiffre ne tient pas compte des patrimoines immobiliers (immeubles, œuvres d'art, etc...) qui s'ajoutent mais qui ne sont pas réalisables dans un délai rapide.

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 Sujet du message: Re: L'UE à la croisée des chemins
MessagePosté: Ven 28 Juil 2017 18:45 
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Il me semble - mais je ne suis pas spécialiste - que les banques françaises répugnent à investir dans l'industrie. Pas assez rentable, trop aléatoire...

Je me souviens d'un reportage sur la vallée de l'Arve, centre français du décolletage, où des patrons âgés, qui avaient fondé et développé leurs entreprises jusqu'à en faire des PME de bonne taille (disons 400 à 500 personnes) se plaignaient qu'ils ne trouvaient pas de repreneur français, et qu'ils étaient obligés de vendre à des fonds de pension américains ou asiatiques.


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 Sujet du message: Re: L'UE à la croisée des chemins
MessagePosté: Sam 29 Juil 2017 11:02 
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Sur les 10 ou 11.000 milliards d'euros de patrimoine des français, environ 70% sont constitués par de l'immobilier qui est par nature très peu liquide. On n'investit pas comme cela de l'immobilier dans des valeurs mobilières, sauf à le vendre ou à le gager. Et si on met massivement de l'immobilier sur le marché pour dégager des liquidités, on fait de mauvaises affaires parce qu'on provoque un krach en raison de la surabondance d'offre.

Le problème de l'accès de nos PME au crédit est réel mais il n'est pas le seul et vraisemblablement pas le principal.

Le problème de nos PME est qu'elles ne font pas assez de marges. Il est aussi que, souvent, les très grosses entreprises françaises écrasent leurs sous-traitants et fournisseurs quand les navires amiraux prennent davantage soin de les associer et de partager avec eux la valeur.

Ajoutez-y une fiscalité du capital et du patrimoine qui était devenue suicidaire dans le contexte de concurrence européenne et mondiale et vous avez les raisons principales pour lesquelles les entreprises françaises qui se portent le mieux sont celles qui sont les moins exposées au marché français.


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 Sujet du message: Re: L'UE à la croisée des chemins
MessagePosté: Sam 29 Juil 2017 23:30 
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Inscription: Mer 9 Aoû 2006 07:30
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Sur les 10 ou 11.000 milliards d'euros de patrimoine des français, environ 70% sont constitués par de l'immobilier qui est par nature très peu liquide. On n'investit pas comme cela de l'immobilier dans des valeurs mobilières,
Je fais amende honorable. J'avais lu quelque part sur Google que les 11.000 Mds € n'étaient que la partie liquide du patrimoine. Or, en ayant cherché à nouveau, je n'ai plus retrouvé ma source première , en revanche j'ai trouvé ce que vous avez indiqué :patrimoine total de 11.000 Mds € dont environ les 2/3 dans l'immobilier qui , comme vous le dites n'est pas réalisable rapidement.

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 Sujet du message: Re: L'UE à la croisée des chemins
MessagePosté: Mer 20 Sep 2017 19:21 
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Inscription: Jeu 12 Nov 2009 22:24
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Les dirigeants de l'UE se posent publiquement des questions sur la structure de l'union.

Juncker confirme son effrayante médiocrité en défendant un minable statu quo
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/20 ... ec-macron/

Alors que Macron avait ouvert la porte à des progrès audacieux
https://www.ouest-france.fr/europe/ue/m ... ue-5211167

Je pense que seule la position française est réaliste. Juncker conduit à l'enlisement.


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 Sujet du message: Re: L'UE à la croisée des chemins
MessagePosté: Mer 20 Sep 2017 22:12 
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Inscription: Jeu 18 Mar 2004 00:16
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Sur quoi vous fondez-vous pour estimer que seule la position française est réaliste ?

Qu'elle soit souhaitable est une chose sur laquelle on peut ou non être d'accord avec vous. Mais cela ne correspond pas à la définition du réalisme.

Juncker, lui, est réaliste même si ce réalisme vois paraît médiocre où pas souhaitable et donc médiocre.

Juncker a fait le tour des capitales européennes plus d'une fois. Et il sait parfaitement ce que certains pays clés sont prêts à accepter et ce qu'ils n'accepteront jamais, qu'elles que soient les qualités de notre président.

Parmi les pays clés en question, je fais référence au 1er chef à l'Allemagne qui n'acceptera jamais ce que propose Macron. Aujourd'hui beaucoup moins qu'il y a 25 ans au temps de Kohl et Mitterrand vu l'évolution politique intérieure de l'Allemagne.

Je pense que le temps des slogans de Cohn-Bendit, du type "soyons réalistes, demandons l'impossible" sont bons pour des manifestants pas pour des gouvernants.


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 Sujet du message: Re: L'UE à la croisée des chemins
MessagePosté: Jeu 21 Sep 2017 14:37 
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Je pense que l'affaire est plus complexe que vous ne le pensez cher Marc ou même vous cher Scipio.

Sur le plan de la théorie pure, un noyau dur composé d États relativement homogènes (en gros les 6 fondateurs de la CEE et l'Espagne) serait (ou aurait été) une excellente formule pour bâtir une structure étroitement unie.

C'est un peu ce que Schauble et Lammers avaient proposé en 1994. Je l'ai vécu de l'intérieur à mon petit niveau. Balladur l'avait brutalement refusé pour deux raisons : officiellement pour que Chirac ne l'accuse pas de trahir le gaullisme et aussi (et surtout) parce que déjà à cette époque les Europhiles étaient très alignés sur la Commission - laquelle à toujours été très hostile à une Europe à plusieurs vitesses qui l'aurait marginalisée...cette ligne étant en outre très appuyée par Mitterrand qui voulait priver Balladur d'un succès diplomatique ...

Mais la théorie doit laisser place à la pratique. L'Allemagne en particulier n'a peur que d'une chose : l'abandon de la doctrine monétariste qui repose sur le double objectif d'équilibre budgétaire et de stabilité monétaire. Or la démarche d E Macron est comprise à Berlin comme débouchant vers le lancement d'emprunts à l'échelle de l' Europe ...

L'élément nouveau est qu'avec Trump et le Brexit, les États Unis et le Royaume Uni sont exclus du débat. Cela change un peu la donne ...Et Macron est un malin ...et un courageux qui ramène la France à l'equilibre budgétaire. Ceci peut il rassurer les Allemands ? ... nous verrons bien ...


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 Sujet du message: Re: L'UE à la croisée des chemins
MessagePosté: Dim 24 Sep 2017 09:53 
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Cher Aigle, sans méconnaître ce passé du temps de l'après-Maastricht que je n'ai toutefois vécu que comme étudiant, c'est bien à cet aspect économique concret que je faisais référence.

Et j'irai même plus loin que vous. La monnaie est en réalité un enjeu secondaire. Ce n'est qu'un des aspects, un aspect de surface, de la raison profonde pour laquelle l'Allemagne ne voudra d'une Europe fédérale dans le sens qu'a le terme État fédéral partout pour le monde.

Et cette raison est la même pour les Pays-Bas, pour l'Autriche et quelques autres pays riches.

Elle est la même raison que celle qui sous-tend les séparatisme catalan, flamand, ainsi que d'Italie du nord.

A savoir que les allemands, comme les autres précités, sont des commerçants et des comptables. Ils sont dans ce qu'on appelle la construction européenne pour des raisons très concrètes, et non pas pour des considérations politiques théoriques et des projets utopiques. Ils y sont parce que ça leur rapporte et tant que ça leur rapporte.

Il se trouve que ça leur rapporte massivement mais leur but fondamental est d'empêcher une évolution de type fédéral qui aurait pour effet précis que ça leur rapporte beaucoup moins, voire que ça leur coûte à l'avenir plus que ça ne leur rapporte.

Autrement dit, derrière la monnaie, la question centrale est celle de la balance des transactions courantes. Le commerce intra-européen rapporte 10 fois plus à l'Allemagne ou aux Pays-Bas que ne leur coûte leur contribution nette aux budgets européens.

D'où le fait que la politique européenne de l'Allemagne a pour but de verrouiller par traité les politiques économiques européennes sur des paramètres qui sécurisent les avantages compétitifs décisifs que l'UE telle qu'elle est assure à l'Allemagne.

Il faut regarder tout le tableau, et non pas la moitié sur laquelle l'Allemagne pleurniche, moins par hypocrisie que par incapacité sincère à percevoir l'ensemble et à l'accepter parce qu'il n'entre pas dans ses schémas psychologiques (pour le résumer par un raccourci).

Certes, l'euro repose principalement sur la signature de l'Allemagne.

Mais l'euro est le bouclier qui protège l'Allemagne de la flambée insupportable de sa monnaie qui aurait mécaniquement mis fin aux chers excédents courants que l'Allemagne poursuit à tout prix et qui l'aurait obligée à délocaliser massivement ses usines.

Et l'euro, paradoxe méconnu, constitue en réalité un mécanisme par lequel la plupart des pays européens n'ayant pas de tels excédents excessifs (8 à 9% du PIB allemand ou néerlandais chaque année) subventionnent en fait l'industrie allemande pour que cette dernière à la fois soit compétitive sur les marchés hors zone euro et, de manière encore plus violente sur les marchés à l'intérieur de la zone euro.

Et donc en réalité, l'euro ne repose pas tant sur la signature de l'Allemagne que sur la capacité de l'Allemagne à accumuler des excédents sur le dos de ses voisins européens.

Bref, comme il y a eu les chaînes de la Grèce du temps de l'hégémonie macédonienne, il y a les chaînes de l'Europe qui fondent une hégémonie économique durable de l'Allemagne en Europe et empêchent les autres grandes économies européennes d'avoir la moindre chance de reprendre un jour le dessus sur l'économie allemande.

La seule chose qui empêche ces autres pays de tirer les conséquences logiques de ce constat, c'est qu'elles ont commis l'erreur fatale d'attendre et d'accumuler une dette excessive soutenue par les capitaux accumulés par l'Allemagne grâce à ses excédents. Et ils savent que s'ils sortent, la flambée des taux d'intérêt sur leurs dettes sera sanglante. Donc plutôt que de provoquer le choc, ils attendent que le choc se produise le plus tard possible : après moi le déluge ou encore un instant monsieur le bourreau.


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 Sujet du message: Re: L'UE à la croisée des chemins
MessagePosté: Dim 24 Sep 2017 10:10 
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PS : Macron sera malin non pas s'il donne à l'Allemagne ce qu'elle veut mais s'il oblige l'Allemagne à donner à la plupart des autres pays européens ce dont ils ont besoin. Ce que veut l'Allemagne nuit profondément à la grande majorité des pays européens et à l'Europe.


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