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 Sujet du message: Déclin américain : mythe ou réalité ?
MessagePosté: Ven 24 Oct 2008 17:21 
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Inscription: Sam 28 Juin 2008 14:33
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Bonjour,
J'ai pour habitude de lire les journaux français et dans presque tous on parle déclin de la puissance américaine. C'est une notion que j'ai vraiment du mal à saisir. Le PIB américain s'élève 14 545 milliards de dollars (en comparaison Japon et Allemagne 4375 et 2875). Leur dépense en armement représente 50% du total mondial soit 495 milliards de dollars. Leur avance technologique est significative dans de nombreux domaines tel la pharmacie, les technologies d'information (microsoft), les produits électronique grand public (Apple) etc... Ils sont également trés fort dans le marketing. Alors certes leur industrie connait quelques difficultés, c'est le cas dans l'automobile qui a manqué l'hybride mais bon, il ya des espoirs pour que celles-ci connaisse de nouveau succés en témoigne le pret de 18 milliars de dollars accordés aux big three de Detroit.
Aujourd'hui aucune puissance ne peut rivaliser militairement dans un conflit conventionnel avec les Etats-Unis.
Au niveau commercial, seul l'Allemagne (premier exportateur mondial et non pas comme on le croit souvent la Chine) semble capable de rivaliser dans quelques domaines particuliers tel que l'automobile, les produits électroménager, les produits de consommation courante, l'informatique (SAP), pharmacie (bayer). Néanmoins celle-ci décline du fait de sa faible natalité.

J'attend vos réactions

PS: j'ai omis de parler de la Chine et de l'Inde car leur PIB par habitant est trop faible pôuir effectuer une comparaison sérieuse avec celle des Etats-Unis.


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 Sujet du message: Re: déclin américain mythe ou réalité ?
MessagePosté: Ven 24 Oct 2008 19:44 
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Déclin relatif, par rapport aux autres pays. Pas déclin en termes absolus.


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 Sujet du message: Re: déclin américain mythe ou réalité ?
MessagePosté: Sam 25 Oct 2008 13:06 
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Inscription: Dim 4 Juin 2006 13:47
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Vous avez raison de souligner qu'en termes de PIB, les USA sont toujours loin en tête. Mais décliner, cela ne veut pas dire être encore le plus puissant, cela signifie être moins puissant qu'on l'a été précédemment, alors que des états jusque là de second rang sont en train de monter en puissance.
Si l'on définit ansi le déclin, l'hypothèse du déclin US n'est pas implausible.
En tout cas, la période où les Etats Unis étaient en situation d'hegemon mondial, sans aucune concurrence réelle--l'URSS a été un rival idéologique mais pas un compétiteur économique--semble terminée.
Dans un entretien très récent sur PBS, Paul Volcker, ex-directeur de la Fed, s'inquiète du déclin américain, dont il voit une des manifestations les plus préoccupantes dans l'état d'abandon des infrastructures, colonne vertébrale de l'économie et de la nation selon lui-abandon qui est à l'origine de la tragédie Katrina entre autres.
Il relève l'état pitoyable des écoles, hôpitaux, routes et ponts, transports en commun, équipements relatifs aux transports aériens, et même réseau électrique, maintenant en très mauvais état suite au tarissement des investissements de l'Etat dans ces infrastructures. Cette dégradation des équipements collectifs est telle qu'elle que, selon lui, elle fera obstacle à un développement économique vigoureux du pays au XXIe siècle.


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 Sujet du message: Re: déclin américain mythe ou réalité ?
MessagePosté: Dim 26 Oct 2008 11:38 
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Inscription: Jeu 26 Juin 2008 09:11
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Tonnerre a écrit:
Vous avez raison de souligner qu'en termes de PIB, les USA sont toujours loin en tête. Mais décliner, cela ne veut pas dire être encore le plus puissant, cela signifie être moins puissant qu'on l'a été précédemment, alors que des états jusque là de second rang sont en train de monter en puissance.
Si l'on définit ansi le déclin, l'hypothèse du déclin US n'est pas implausible.
En tout cas, la période où les Etats Unis étaient en situation d'hegemon mondial, sans aucune concurrence réelle--l'URSS a été un rival idéologique mais pas un compétiteur économique--semble terminée.
Dans un entretien très récent sur PBS, Paul Volcker, ex-directeur de la Fed, s'inquiète du déclin américain, dont il voit une des manifestations les plus préoccupantes dans l'état d'abandon des infrastructures, colonne vertébrale de l'économie et de la nation selon lui-abandon qui est à l'origine de la tragédie Katrina entre autres.
Il relève l'état pitoyable des écoles, hôpitaux, routes et ponts, transports en commun, équipements relatifs aux transports aériens, et même réseau électrique, maintenant en très mauvais état suite au tarissement des investissements de l'Etat dans ces infrastructures. Cette dégradation des équipements collectifs est telle qu'elle que, selon lui, elle fera obstacle à un développement économique vigoureux du pays au XXIe siècle.

Tonnerre, auriez-vous un lien vers cet intéressant entretien?


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 Sujet du message: Re: Déclin américain : mythe ou réalité ?
MessagePosté: Dim 26 Oct 2008 13:20 
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Voici le lien, Enki ea:

http://www.bloggingstocks.com/2008/10/2 ... ncial-eng/


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 Sujet du message: Re: Déclin américain : mythe ou réalité ?
MessagePosté: Dim 26 Oct 2008 13:32 
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Inscription: Mer 9 Aoû 2006 07:30
Messages: 712
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En lisant l'article de Paul Volcker, j'ai pensé immédiatement à la France où une forte proportion de nos diplômés des grandes écoles scientifiques ( X y compris) pantouflent vers l'analyse financière et la banque.

_________________
" Jeune homme, la France se meurt, ne troublez pas son agonie "
(Renan à Déroulède)


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 Sujet du message: Re: Déclin américain : mythe ou réalité ?
MessagePosté: Dim 26 Oct 2008 13:58 
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Inscription: Sam 28 Juin 2008 14:33
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Merci, vous avez raison de parler du problème des infrastructures et de l'éducation aux Etats-Unis, je n'y avais pas pensé. Quand j'avais lu le livre de Edward Behr "une amérique qui fait peur". Celui-ci déclarait que Détroit ressemblait à Sarajevo moins les trous d'obus. Je pense aussi à la Californie en 2001 ou il y avait des pannes d'électricité immense organisé sciemment par Enron.
Par ailleurs, j'ai lu les échos de vendredi et il déclarait que 45% des masters aux Etats-Unis étaient délivrés à des étudiants non américains.

Merci pour vos réponses.


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 Sujet du message: Re: Déclin américain : mythe ou réalité ?
MessagePosté: Dim 26 Oct 2008 15:20 
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isac654 a écrit:
Quand j'avais lu le livre de Edward Behr "une amérique qui fait peur". Celui-ci déclarait que Détroit ressemblait à Sarajevo moins les trous d'obus.

Il y a une énorme différence, aux USA ils ont les moyens s'ils le désirent de faire en sorte que Détroit ressemble à ce qu'ils désirent.

isac654 a écrit:
Je pense aussi à la Californie en 2001 ou il y avait des pannes d'électricité immense organisées sciemment par Enron.

Je travaille dans une centrale nucléaire et je connais comment fonctionne un système électrique. Je me suis intéressé aux pannes d'électricités californiennes. Elles n'ont pas été organisées sciemment par Enron, mais elles sont le fruit de décisions politiques qui ont donné à Enron et à d'autres le pouvoir de faire d'un produit qui pourrait être abandonnant et peu onéreux un produit cher car ils en avaient organisé la pénurie. Enron, n'est que la conséquence. SI ça n'avait pas été eux, ils y aurait une autre entreprise qui aurait profité de l'opportunité.

Or, ce qui a été mis à l'œuvre en Californie, mais aussi dans la plupart des états américains avait déjà été mis en place par madame Thatcher en Angleterre, ce qui avait permit de constater que pour crée un vrai marché libre de l'électricité, il faut 3 conditions :
- des producteurs indépendants et surtout pas en situation de soumission aux distributeurs;
- des distributeurs indépendants et surtout pas en situation de soumission aux producteurs;
- une autorité de régulation du marché qui a les moyens de contraindre les divers acteurs de respecter les règles du marché et garantir le respect de l'intérêt général.
Les 2 premiers points doivent garantir qu'il n'y a pas création d'un monopole naturel qu permettrait à l'un des 2 acteurs de tirer d'énormes bénéfices au détriment de l'autre. Le dernier sert à garantir que les acteurs du marché ne se mettent pas d'accord pour "plumer" le client final.

En Angleterre, le système a eu du mal à fonctionner. Dans un premier temps, les distributeurs avaient trop de pouvoir. Le prix de l'électricité à baissé, ce qui à permit aux conservateurs anglais de montrer la perfection du système puisque les prix de distributions d'électricités baissaient. Sauf que pendant 15 ans, personne en Angleterre n'a investi ni dans la sûreté nucléaire (ce que je trouve criminel), ni dans la mise en place de nouveaux moyens de production.
Donc, à un moment, le gouvernement anglais s'est rendu compte que les centrales nucléaires anglaises risquaient de devenir dangereuses pour la santé publique. L'affaire fut résolue très discrètement : nationalisation (sans punir les investisseurs qui n'avaient pas rempli leur part du contrat de concession) et investissement de deniers publics pour remonter le niveau de sûreté à un seuil acceptable, suivi de la revente du parc nucléaire avec des contrats de concession plus restrictifs.
Mais, ce qu'ils ne purent cacher fut la montée inexorable des prix provenant du manque de moyens de productions. Puisque la consommation continuait de croitre lentement et continuellement. Cela fit la faillite de la plupart des distributeurs qui furent rachetés par des sociétés étrangères comme par exemple EDF. En fait, elles ne firent pas vraiment faillite, parce que les investisseurs qui les possédaient les vendirent dès qu'elles ne produisirent plus assez de retours sur investissements ... Mais, la plupart furent très proches, à quelques mois prêts à une faillite générale.
Pendant toutes ces décennies, le gouvernement avait bien fait l'analyse que son autorité de régulation n'en avait pas d'autorité. Donc, il y eut des réformes pour lui donner un réel pouvoir pour qu'elle puisse remplir son role.

Et Enron, alors ? Aux USA, la libéralisation avait été différente. L'on avait bien vendu les producteurs et les capacités de treansport, mais pour diverses raisons, les sociétés de distributions bien que de droit privé appartenaient souvent à des collectivités locales. Mais surtout, elles étaient liées à des contrats de distributions avec ces collectivités locales. En clair, le prix de vente à l'utilisateur final dépendait du contrat signé entre les diverses municipalités et les sociétés de distribution. Pour ces sociétés, la situation était la suivante : prix de vente fixé sur le long terme avec souvent des clauses pour que celui-ci baisse avec le temps, mais prix d'achat de l'électricité totalement libre et fixé sur la loi de l'offre et de la demande. Malheureusement pour eux, certains se sont rendu compte qu'il est facile d'organiser une pénurie dans un tel système si on possède un des acteurs principal du système: les capacités de transport. Il suffit de ne pas acheter de courant aux producteurs (ce qui fait baisser les prix de la production, il n'y a pas de petits profits) et de l'autre coté, prétendre que l'électricité est chère et donc la vendre le plus cher possible aux distributeurs. Quand on mène bien sa barque dans une telle situation, en langage populaire, on pourrait dire qu'Enron tondait aussi bien les producteurs que les distributeurs. Mais, le gros problèmes, c'est qu'ils le firent au-delà du raissonable et avec la bénédiction des politiques qui étaient éblouis par la réussite de cette société.
Cela a eu 2 conséquences :
- coté producteurs, une fuite des capitaux ce qui a entrainé la fermeture de centrales de productions, mais surtout un manque d'investissements pour suivre l'augmentation de la consommation;
- coté distributeurs, ils ne pouvaient plus fournir les capacités qu'ils s'étaient engagés à fournir. De plus, le prix de vente de l'électricité n'avait plus rien à voir avec le prix d'achat.
Cela a donné le résultat que l'on connait ou dans la plus grande puissance économique mondiale il y a eu des coupures et des rationnements d'électricité.

Les responsables principaux ? Enron n'est qu'un profiteur d'une situation qu'il a contribué à entretenir et à "améliorer" à son avantage. Les vrai responsables, ce sont ceux qui ont mis ce système en place : un système sans capacité de régulation. Un système ou certains des acteurs étaient totalement à la merci d'un monopole naturel. Monopole naturel dont on avait mis en place toutes les conditions pour qu'il puisse émerger et perdurer. En fait, ce sont les mêmes économistes qui ont transformés certaines zones de Detroit en un taudis indigne d'une ville du pays émergents. Ce sont les mêmes qui nous ont conduit dans la situation actuelle. Enron aurait pu être un avertissement, on a préféré n'y voir qu'un simple cas particulier en diabolisant à l'extrême ses dirigeants. Ce qui a permit de laver les mains de ceux qui leur avaient remis ce pouvoir en main ...

A ce qui seraient intéressés par les problèmes d'énergie, je conseille le livre de Jean-Marie Chevalier : Les grandes Batailles de l'énergie chez folio actuel ISBN 2-07-0313312-3 Bien sûr qu'il date un peu (octobre 2004), malgré tout, il s'agit d'une analyse très pertinente qui annonce bien des difficultés actuelles.

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 Sujet du message: Re: Déclin américain : mythe ou réalité ?
MessagePosté: Dim 26 Oct 2008 17:11 
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Intéressant point de vue de spécialiste, Narduccio.
En complèment de votre démonstration, cet article du Guardian qui met à mal le mythe de la liberté des marchés aux US--pour ceux qui n'auraient pas lu Marx sur ce point. 8-)

http://www.guardian.co.uk/commentisfree ... rimecrisis


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 Sujet du message: Re: Déclin américain : mythe ou réalité ?
MessagePosté: Dim 26 Oct 2008 17:35 
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J'ai oublié un petit détail. Dans de nombreux états américains, depuis 2003, il y a eu une espèce de nationalisation du secteur de l'industrie. Il n'y a pas eu de nationalisation de fait, mais les collectivités locales sont devenues des actionnaires importants des diverses entreprises. Dans le pays du libéralisme fondement de l'économie, il est assez étonnant de constater cela. Mais, en fait, ça s'explique. Le crise de 2003 à touché les fondements de l'économie américaine. La Silicon Vallee (entre autres) s'est retrouvée bloquée par des coupures de courant. Dans la société actuelle, toutes les industries, tous les commerces, même les agences de courtages sont dépendantes de l'électricité. Coupez l'électricité et les bourses ne fonctionnent plus parce que les ordinateurs qui régissent les échanges se déconnectent et se met en position de sauvegarde des données. Coupez l'électricité et tous les émetteurs de téléphones cessent de fonctionner. Ainsi, que les magasins de vente qui ne peuvent plus faire fonctionner leurs caisses, et les usines qui ne peuvent plus produire. Les USA sont un pays riche tant qu'ils consomment et qu'ils produisent, or un black-out général met à mal ce schéma.

Les Américains possèdent un grand avantage, ils sont viscéralement pragmatiques. Libéraliser le secteur de l'électricité peut bloquer le business ? Alors vive le libéralisme ! mais on limite ses effets dans le secteur de l'électricité. Mais, cette limitation est discrète : il n'y a plus de concurrence, les investisseurs ont relancé un programme de construction, voire de reconstruction des infrastructures et des centrales, les états discrètement dirigent la manœuvre. Mais, discrètement, ils ont changé toute l'exploitation du réseau en quelques années.

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