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 Sujet du message: Re: Faut-il avoir peur de la théorie monétaire moderne (TMM) ?
MessagePosté: Sam 28 Mar 2020 21:35 
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Un grand merci Arkoline pour votre réponse.

Cordialement, Paul.


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 Sujet du message: Re: Faut-il avoir peur de la théorie monétaire moderne (TMM) ?
MessagePosté: Sam 28 Mar 2020 22:25 
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Geopolis a écrit:
Empiriquement, chaque fois qu'un État (les USA derrière leur banque centrale en 1929, Roosevelt après, etc.) cherche à contrôler une économie, il aggrave ce qui se passe.


Pas tout à fait vrai, la plus longue période de stabilité économique, ce qu'on a nommé les Trente Glorieuses est l'une des périodes où l'économie est la plus contrôlée. Et le démantellement de ce contrôle a amené plus de chaos que de stabilité.

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 Sujet du message: Re: Faut-il avoir peur de la théorie monétaire moderne (TMM) ?
MessagePosté: Mer 1 Avr 2020 21:50 
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Cet article de Mohamed El-Erian a été publié en version anglaise sur le site Project Syndicate. La traduction en français a été publié par Les Echos.


Citation:
Central Banks Face a Year of Mounting Challenges
Par Mohamed El-Erian
Publié le 9 janv. 2020

Après une année marquée par l'un des plus grands revirements dans l'histoire récente de la politique monétaire, les banques centrales espèrent désormais paix et tranquillité en 2020. C'est particulièrement vrai pour la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed), les deux plus puissantes institutions monétaires de la planète. La concrétisation de cette paix échappe toutefois de plus en plus à leur contrôle direct, et leurs espoirs pourraient aisément se retrouver anéantis si les marchés venaient à succomber à un certain nombre d'incertitudes à moyen terme, dont beaucoup s'étendent au-delà du domaine économique et financier.
Il y a un peu plus d'un an, la BCE et la Fed s'apprêtaient à réduire progressivement leurs bilans massivement étendus, et la Réserve fédérale rehaussait les taux d'intérêt par rapport aux niveaux adoptés pour la première fois au coeur de la crise financière mondiale. Les deux institutions entendaient normaliser leur politique monétaire, après des années de recours à des taux d'intérêt ultra-faibles voire négatifs, ainsi qu'à des achats d'actifs à grande échelle.
Un an plus tard, toutes ces mesures ont connu un revirement. Plutôt que de poursuivre l'augmentation des taux, la Fed les a réduits trois fois en 2019. Plutôt que de réduire son bilan, la Fed l'a accru davantage sur les quatre derniers mois que sur toute autre période comparable depuis la crise. Et loin de signaler tôt ou tard une normalisation de sa structure de taux, la Fed est entrée avec détermination dans un paradigme de maintien de faibles taux pour une période prolongée. La BCE a elle aussi poussé sa structure de taux d'intérêt en territoire négatif, et a relancé son programme d'achats d'actifs. Résultat, la Fed et la BCE ont ouvert la voie à de nombreuses réductions de taux d'intérêt à travers le monde, produisant des conditions monétaires mondiales parmi les plus accommodantes de l'histoire.
Ce revirement des politiques monétaires est particulièrement étrange à deux égards. Premièrement, il s'est opéré en dépit d'une inquiétude croissante autour des dommages collatéraux et des conséquences involontaires d'un recours prolongé à une politique monétaire ultra-assouplie. Cette inquiétude s'était accentuée tout au long de l'année, en raison de l'impact négatif des taux d'intérêt ultra-faibles et négatifs sur le dynamisme économique et la stabilité financière. Deuxièmement, cette marche arrière désastreuse ne venait pas répondre à un quelconque effondrement de la croissance mondiale, et encore moins à une récession. Selon plusieurs estimations, la croissance en 2019 tournait autour de 3 % - contre 3,6 % l'année précédente - sachant par ailleurs que de nombreux observateurs s'attendent à un rebond rapide en 2020.
Plutôt que d'agir sur la base de signaux économiques clairs, les grandes banques centrales ont une fois de plus succombé à la pression des marchés financiers.
En permettant à ces derniers de dicter, une fois de plus, les changements de politique monétaire, la BCE et la Fed ont toutes deux alimenté en combustible un incendie qui fait rage depuis des années. Les marchés financiers visent les records les uns après les autres, quels que soient les fondamentaux économiques sous-jacents, puisque les traders et les investisseurs ont été habitués à croire que les banques centrales étaient leurs meilleures amies. Encore et toujours, les banques centrales se sont montrées capables et prêtes à intervenir pour neutraliser la volatilité, ainsi que pour maintenir au plus haut le prix des actions et obligations. Par conséquent, la bonne approche a consisté pour les investisseurs à acheter en période de baisse des marchés, et à le faire de plus en plus rapidement.
Or, compte tenu des actuelles incertitudes croissantes à moyen terme, les banquiers centraux ne peuvent s'attendre à des conditions clémentes en 2020. Si une liquidité généreuse et prévisible peut leur permettre de calmer les marchés, elle ne saurait lever les obstacles existants sur la voie d'une croissance soutenue et inclusive. L'économie de la zone euro, en particulier, est actuellement affectée par des obstacles structurels qui mettent à mal la croissance de sa productivité. De profondes incertitudes structurelles à long terme interviennent par ailleurs sur le plan du changement climatique, des ruptures technologiques et des tendances démographiques.
Pour le bien-être économique et la stabilité financière à long terme, cette litanie d'incertitudes exige une réponse politique qui s'étende au-delà des attributions traditionnelles des banques centrales. Un accord pluriannuel global est nécessaire, qui recoure à des outils structurels, budgétaires et transfrontaliers. A défaut, les marchés financiers continueront de s'attendre à des interventions de la part des banques centrales, dont un ensemble croissant de preuves indique qu'elles sont non seulement de plus en plus inefficaces pour l'économie, mais également potentiellement contre-productives. Qu'elles échappent ou non aux feux des projecteurs en 2020, les banques centrales devront probablement affronter des défis encore plus conséquents pour leur autonomie politique et leur crédibilité, deux aspects si essentiels à leur efficacité.


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 Sujet du message: BoE
MessagePosté: Dim 12 Avr 2020 20:38 
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Jeudi 9 avril, le gouvernement britannique a annoncé qu'il allait se financer directement auprès de la Banque d'Angleterre. Il aura ainsi moins besoin de solliciter les marchés de dette. Une façon de soulager la pression sur les Gilts, les obligations d'Etat, alors que Londres va connaître une hausse de ses dépenses de 130 milliards de livres sterling (148 milliards d'euros) pour lutter contre les effets de la pandémie.
"Cette mesure temporaire sera une source de liquidités supplémentaires à court terme pour le gouvernement en cas de nécessité pour lisser ses flux de trésorerie et favoriser un fonctionnement ordonné des marchés pendant cette période troublée par le COVID-19", ont déclaré la BoE et le ministère des Finances dans un communiqué commun.


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 Sujet du message: Re: Faut-il avoir peur de la théorie monétaire moderne (TMM) ?
MessagePosté: Dim 12 Avr 2020 23:36 
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Et la Banque d'Angleterre, elle se financera auprès de qui ?

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 Sujet du message: La BCE lance un programme de 750 milliards d'euros
MessagePosté: Mer 15 Avr 2020 16:46 
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Mercredi 18 mars, la BCE a débloqué une enveloppe de 750 milliards d'euros destinée aux rachats de dette publique et privée, d'ici à la fin de l'année.
Les jours précédents ont été marqués par des incidents de communication de Christine Lagarde qui ont inquiété les marchés.


https://www.lefigaro.fr/flash-eco/coron ... e-20200319
Citation:
Coronavirus : la BCE débloque 750 milliards d'euros pour acheter de la dette
Par Le Figaro avec AFP
Publié le 19 mars 2020

La Banque centrale européenne a sorti la grosse artillerie mercredi avec un plan d'«urgence» de 750 milliards d'euros pour tenter de contenir les répercussions sur l'économie de la pandémie de coronavirus.
«Les temps extraordinaires nécessitent une action extraordinaire», a tweeté la présidente de l'Institut de Francfort Christine Lagarde. Elle promet qu'il «n'y a pas de limites à notre engagement envers l'euro», suggérant que d'autres mesures sont encore susceptibles de suivre, et ce quitte à utiliser «le plein potentiel de nos outils».
Le «programme de rachat d'urgence face à la pandémie» via des rachats de dette publique et privée pour 750 milliards d'euros sera réalisé d'ici à la fin de l'année, a précisé l'institution dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion téléphonique du conseil des gouverneurs.
Les gardiens de l'euro mettront fin au programme lorsqu'il sera jugé que «la phase de crise du coronavirus Covid-19 est terminée, mais en tout cas pas avant la fin de l'année», précise la banque centrale.
En rachetant ainsi massivement de la dette des Etats et d'entreprises de la zone euro sur les marchés, la BCE espère soulager les banques et les inciter à maintenir voire relancer leurs prêts aux ménages et entreprises, et ainsi à soutenir la production et l'emploi. Ce soutien doit contribuer à relancer un système économique grippé, où de nombreuses sociétés sont obligées de suspendre leur activité face au virus et où certaines vont se retrouver bientôt menacées de faillite.
A titre de comparaison, de mars 2015 à décembre 2018, face aux risques de déflation, la BCE avait acheté des titres tous les mois sur les marchés financiers pour un total au final de 2.600 milliards d'euros pour soutenir la zone euro, son QE (assouplissement quantitatif) naviguant à un rythme porté jusqu'à 80 milliards d'euros par mois. Aujourd'hui la BCE va encore plus loin face au coronavirus.
En ajoutant ses rachats repris fin 2019 à raison de 20 milliards d'euros par mois, l'enveloppe de 120 milliards d'euros débloquée le 12 mars comme première réponse à la crise du coronavirus et celle de ce mercredi, ses interventions vont s'élever à 1,050 milliards d'euros sur les 9 mois restants en 2020, soit près de 117 milliards d'euros engagés par mois.
La BCE veut en outre organiser ses emplettes sur le marché de «manière flexible», ce qui laisse penser qu'elle pourrait mettre l'accent sur certains titres souverains en grande difficulté pour calmer les tensions sur leur dette.
Cela pourrait profiter à l'Italie, pays le plus touché par l'épidémie et qui a vu ses taux remonter, accentuant la crise. Le programme de rachats décidé mercredi inclut aussi pour la première fois des titres émis par le gouvernement grec, qui n'avaient pas eu leur place dans le premier QE.
La potion de la BCE est enfin supérieure encore à celle de la banque centrale américaine (Fed), qui a annoncé lundi l'achat de 500 milliards de dollars de bons du Trésor et de 200 milliards de dollars de titres hypothécaires, pour «soutenir le bon fonctionnement» de ces marchés «qui sont au coeur des flux de crédit aux ménages et aux entreprises».
Le président français Emmanuel Macron, qui avait estimé il y a six jours que le premier train de mesures de la BCE n'allait pas assez loin, a exprimé mercredi son «plein soutien aux mesures exceptionnelles» de la BCE. «A nous Etats européens d'être au rendez-vous par nos interventions budgétaires et une plus grande solidarité financière au sein de la zone euro», a-t-il ajouté.
La réponse de la BCE est «massive à tous les niveaux - taille, flexibilité, portée et engagement à revoir les limites» de ses achats fixées à ce jour à 33% du stock de la dette par pays, a jugé aussi l'analyste Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management.




Citation:
Coronavirus : la BCE lance un programme d'urgence de 750 milliards d'euros
Par Guillaume Benoit, Isabelle Couet
Publié le 18 mars 2020

Il fallait réagir, alors que toute la zone euro avait les yeux rivés vers Francfort. Ce mercredi soir, un peu avant minuit, la Banque centrale européenne a annoncé le lancement d'un nouveau dispositif qui lui permettra d'acheter pour 750 milliards d'actifs. Baptisé « programme d'achat urgence pandémique » (ou PEPP), il a pour objectif de contrer les effets dévastateurs de la crise du coronavirus sur l'économie et les marchés européens.
Outre son montant très important, et même légèrement supérieur à celui annoncé par la Fed, ce dispositif sera plus flexible que le programme d'achat d'actifs (QE) lancé en 2015 et toujours en cours. La BCE pourra par exemple acheter des obligations de la Grèce, ce qui n'était pas le cas avec le programme en place. Il pourra être utilisé sans plafond de dépenses mensuelles. Et la BCE pourra au besoin s'écarter temporairement de la clé de capital qui détermine la part des achats consacrée à chaque pays de la zone euro.
Autre particularité, le PEPP permettra à la BCE d'acheter des « commercial papers », les titres de dette à court terme (moins de six mois), émis par les entreprises. Un marché dont la fermeture, ces derniers jours, préoccupait la banque centrale.
Enfin, l'institution va assouplir les règles concernant les titres qu'elle accepte en garantie de ses opérations de prêts pour élargir l'assiette et notamment inclure plus de crédits d'entreprises. Une mesure importante pour soutenir l'économie.
Suite à cette réunion, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a posté un message sur le réseau social Twitter : « Des circonstances extraordinaires exigent une action extraordinaire. Il n'y a aucune limite à notre engagement en faveur de l'euro. Nous sommes déterminés à utiliser tout le potentiel de nos outils, dans le cadre de notre mandat ». Des mots forts pour faire oublier les errements des derniers jours.
Dans son communiqué de mercredi soir, la Banque centrale réaffirme qu'elle est prête à faire tout ce qui est nécessaire, dans les limites de son mandat - comme un rappel du « whatetever it takes » de Mario Draghi - en explorant toutes les options. Y compris en augmentant encore la taille de ses achats, ou en faisant encore évoluer les limites de son programme. Et peut-être, même si le communiqué ne le précise pas, jusqu'à acheter plus de 33 % de la dette d'un Etat.
Spectre de la crise de la dette
Après ces annonces, les contrats à terme sur les indices à Wall Street sont passés dans le vert, signe du soulagement - au moins temporaire - des marchés financiers face à cette réponse choc de la BCE.
Depuis quinze jours, les Bourses dévissent. Les coûts d'emprunts des Etats augmentent, alors que ces derniers dévoilent leur plan de soutien massif à l'économie. Les écarts de taux entre la dette allemande, jugée la plus sûre, et celle des autres Etats européens ont fortement augmenté, notamment pour l'Italie.
Une situation qui a réveillé le spectre d'une fragmentation de la zone euro, comme lors de la crise de la dette européenne entre 2010 et 2012. Et ce d'autant que les Etats vont emprunter plus sur les marchés pour financer leurs efforts contre les effets du coronavirus. C'est le cas notamment de la France, qui a dévoilé les nouveaux montants de dette à émettre pour 2020 et qui effectuera une émission obligataire jeudi matin.
Dans la soirée, Bruno Le Maire, le ministre français de l'Economie, avait appelé la BCE « à intervenir rapidement et massivement en utilisant tous les instruments à sa disposition ».
Si la BCE était particulièrement attendue, c'est que les mesures présentées jeudi dernier n'ont pas convaincu . Alors que la Réserve fédérale américaine et la Banque d'Angleterre ont baissé massivement leurs taux directeurs, l'institution de Francfort a opté pour des mesures ciblées, visant notamment à inonder les banques de liquidités pour qu'elles prêtent aux entreprises. Surtout son message a été brouillé par des erreurs de communication.


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 Sujet du message: L'inflation : une énigme ?
MessagePosté: Ven 17 Avr 2020 19:55 
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pierma a écrit:
Citation:
Comment expliquez-vous l'absence d'inflation ?
C'est une énigme. [...]

C'est intéressant ces économistes qui ne comprennent plus le fonctionnement de l'économie....

José Vinals est chairman de la banque Standard Chartered. Chaque banque possède une équipe d'économistes supervisée par un "chief economist". L'économiste de Standard Chartered n'a pas participé à cet interview (ou "entretien" en français). Il n'est pas certain que Vinals soit diplomé en économie, même s'il connait assez bien les sujets économiques et financiers.
José Vinals parle d'une énigme, mais les causes d'une faible inflation ne sont pas totalement inconnues. Des économistes ont apporté des explications.
En novembre, Pouzet avait participé à la discussion "Bilan de Draghi à la BCE".
Citation:
Lun 11 Nov 2019 02:14
- - - - - - - -
Les salariés, les syndicalistes qui peuvent ou ne peuvent arracher des hausses de salaires qui sont en général absorbées par des gains de productivité, ne sont pas responsables de l'inflation...


De nombreux économistes croient à l'existence d'un lien entre salaire et inflation. La BRI publie chaque année son "rapport annuel". J'avais lu dans le rapport des explications très intéressantes sur la persistance d'une faible inflation.
Comme le dit Pouzet les hausses de salaires sont tellement faibles qu'elles sont "absorbées" par les gains de productivité. Ce phénomène est relativement nouveau. Dans les années 1970, les hauses de salaires dépassaient amplement les gains de productivité.
S'il existe une "énigme" c'est celle-ci : pourquoi les hausses de salaire sont-elles si faibles ces dernières années dans la plupart des pays ?
Demain je vai relire le document de la Banque des règlements internationaux (BRI).


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 Sujet du message: Re: Faut-il avoir peur de la théorie monétaire moderne (TMM) ?
MessagePosté: Mar 28 Avr 2020 21:55 
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Pour faire suite au message précédent...

Avec le lien c'est mieux : Rapport économique annuel 2018 Editorial, la modération.


Citation:
BRI – Rapport économique annuel 2018
Voici dix ans, la Grande crise financière (GFC) s’abattait sur le monde. À l'époque, à la suite d’une augmentation inédite de l’endettement des ménages et des établissements financiers, le système financier fut sur le point de s’effondrer. Grâce aux efforts concertés et à la politique monétaire accommodante des banques centrales, une répétition de la Grande dépression a pu être évitée. Depuis lors, le niveau historiquement bas – voire négatif – des taux d'intérêt, ainsi que l’accroissement sans précédent des bilans des banques centrales ont apporté un important soutien à l’économie mondiale et contribué à la convergence progressive des niveaux d’inflation vers leurs taux cibles. Cependant, la reprise a avant tout reposé sur l’action des banques centrales, les autres politiques, notamment les mesures structurelles en faveur de l’offre, échouant à prendre le relais. L'action des banques centrales a contribué à jeter les bases de la reprise que nous observons aujourd’hui. Ces mesures ont toutefois été l’un des facteurs à l’origine du gonflement des bilans des secteurs public et privé et de la hausse de l’endettement avec lesquels il faudra composer à l’avenir. L’économie mondiale atteignant, voire dépassant, son potentiel, il est temps de profiter des conditions favorables pour rééquilibrer le dosage des politiques au profit d’une croissance durable. Le chemin est néanmoins étroit. L’année écoulée – une année faste pour l'économie mondiale – a montré que les politiques passées avaient porté leurs fruits (graphique E.1 et chapitre I). La croissance s’est renforcée et élargie. À l'échelle mondiale, les taux de croissance ont globalement renoué avec leurs moyennes à long terme de l’avant-crise, et cette expansion a été synchronisée à travers les pays (graphique E.1, cadre de gauche).
(...)
Dans ce contexte, la hausse des prix à la consommation (inflation IPC) s’est rapprochée de 2 % dans les économies avancées et atteint un peu plus de 3 % dans les EME. Dans les deux cas, elle a légèrement dépassé l’inflation sous-jacente en raison du rebond des prix de l’énergie (graphique I.2, cadre de gauche). Si un raffermissement de l’inflation IPC a été assez largement observé dans les grandes économies avancées, l’évolution de l’inflation sous-jacente s’est révélée plus contrastée. À quelques exceptions près, cette dernière est restée timide. Sur les 12 derniers mois, elle a affiché une lente progression aux États-Unis et au Japon, où elle s’est établie à respectivement 2,1 % et 0,4 % en avril. À l’inverse, sur la même période, elle a oscillé autour de 1 % dans la zone euro. En règle générale, cette inflation sous-jacente relativement faible a reflété une croissance modérée des salaires. Sur l’année écoulée, la croissance réelle des salaires s’est accélérée dans les économies avancées, mais sans pour autant dépasser la moyenne (graphique I.2, cadre central). Dans certaines économies, notamment aux États-Unis et dans la zone euro, la progression des rémunérations réelles s’est avérée nettement inférieure aux gains de productivité. Dans d’autres économies avancées, elle s’est révélée conforme ou légèrement supérieure à ces gains, n’exerçant qu’une pression limitée, voire nulle, sur les coûts unitaires de main-d’œuvre (graphique I.2, cadre de droite). Dans les EME, la croissance réelle des salaires a été inférieure aux moyennes historiques. Dans un contexte de repli rapide du chômage, la timidité de cette hausse est quelque peu déconcertante. Certes, l’augmentation des salaires intervient généralement un peu après le rebond de l’inflation et de la productivité, un retard qui coïncide avec une érosion séculaire de la part du travail dans le revenu. Pourtant, des données indiquent que le lien entre la croissance des salaires (ou des coûts unitaires de main-d’œuvre) et les mesures de sous-utilisation de la main-d’œuvre existe toujours, même s’il s’est considérablement affaibli. Si l’on en croit les corrélations historiques, l’inflation des salaires aurait dû être plus forte. Plusieurs facteurs peuvent expliquer sa faiblesse actuelle. Tout d’abord, la sousutilisation de la main-d’œuvre est potentiellement plus importante que ne l’indiquent les statistiques, reflétant en partie l’effet d’hystérèse de la Grande crise financière (GFC) ainsi que les évolutions structurelles que connaissent les marchés du travail. Dans certains pays, les chiffres du chômage au sens large, qui intègrent les travailleurs à temps partiel et les personnes ayant renoncé à chercher du travail, sont nettement supérieurs au taux couramment utilisé (il serait ainsi de près de 8 % aux États-Unis). Après la crise, le taux de participation est le plus souvent reparti à la hausse, sauf aux États-Unis, où il reste inférieur de plus de trois points de pourcentage au niveau de 2008. Ce rebond s’explique en partie par une plus forte participation des travailleurs âgés de plus de 55 ans. Par conséquent, l’offre de main d’œuvre semble rester relativement élastique, ce qui permet aux entreprises de recruter sans avoir à augmenter les salaires proposés de manière significative.
Par ailleurs, malgré un possible ralentissement ces dernières années, la mondialisation continue d’intensifier la concurrence sur les marchés du travail. Depuis l’intégration de la Chine et de l’ancien bloc soviétique au début des années 1990, l’économie mondiale dispose d’un réservoir de main-d’œuvre beaucoup plus vaste. En outre, une part beaucoup plus conséquente de la production intervient désormais au sein de chaînes de valeur réparties dans de nombreux pays. Dans la mesure où la production peut être délocalisée dans des pays où la maind’œuvre est moins chère, les travailleurs sont concurrencés à la fois par les autres travailleurs de leur marché local et par ceux du reste du monde. Par conséquent, il n’est pas forcément pertinent d’évaluer la sous-utilisation de la main-d’œuvre en observant le seul taux de chômage local. Il semble en effet que les chaînes de valeur mondiales aient rendu les coûts de production locaux plus sensibles aux facteurs extérieurs et que la synchronisation des coûts unitaires de main-d’œuvre se soit donc renforcée entre les pays. Parallèlement, d’autres forces structurelles (les nouvelles technologies, par exemple) sont montées en puissance. Qu’il s’agisse du secteur manufacturier ou des services, la palette des emplois susceptibles d’être automatisés ne cesse de s’étoffer. Même si les preuves objectives restent rares, le mouvement récent de diffusion technologique est certainement en mesure de freiner la croissance des salaires en limitant encore le pouvoir de négociation des travailleurs. En outre, puisqu’elle accroît la productivité, la diffusion technologique pourrait empêcher l’inflation de s’intensifier, réduisant d’autant les prétentions salariales. Elle peut également être à l’origine de changements dans la structure des marchés de produits. Il semble en effet que la concentration augmente dans certains secteurs économiques, des entreprises (moins nombreuses et plus efficaces) gagnant du terrain au détriment des autres. En mettant les acteurs en place sous pression, les gains de productivité d’un petit nombre d’entreprises peuvent, au moins dans un premier temps, se traduire directement et indirectement par une baisse des prix.


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 Sujet du message: Re: Faut-il avoir peur de la théorie monétaire moderne (TMM) ?
MessagePosté: Jeu 30 Avr 2020 21:07 
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C'est aujourd'hui [30 avril] que la BCE doit annoncer des actions supplémentaires. Après une cascade de mesures exceptionnelles pour limiter les dégâts économiques de la pandémie de coronavirus, la BCE devrait affirmer sa capacité à aller plus loin, quand bien même ses options apparaissent limitées.
Christine Lagarde est très attendue sur la tonalité de son engagement au chevet de l’économie européenne. Ses déclarations lors de la conférence de presse seront écoutées avec la plus grande attention.


https://www.ouest-france.fr/europe/ue/c ... ie-6818558
Citation:
Crise du Covid-19. La BCE prête à renforcer son soutien à l’économie
Ouest-France – 27 avril

Le 18 mars, face à la panique financière suscitée par la pandémie de coronavirus et sans attendre sa réunion habituelle de politique monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) a dégainé son bazooka avec le programme de rachat d’urgence face à la pandémie (PEPP), prévoyant 750 milliards d’euros de rachats de dette publique et privée.
Une "courte citation", ce n'est pas 100% du texte de l'article. La modération.


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 Sujet du message: Re: Faut-il avoir peur de la théorie monétaire moderne (TMM) ?
MessagePosté: Mer 6 Mai 2020 21:59 
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Je mets ici un message de Jean-Marc Labat au sujet de la BCE :
Citation:
La cour constitutionnelle de Karlsruhe (Bundesverfassungsgericht) s'en tient à la stricte application des traités, ce qui a toujours été le cas, et l'achat direct d'emprunts d'Etat est interdit par ceux-ci.

https://www.lesechos.fr/finance-marches ... ce-1200519

Comme le dit Guillaume Benoit dans cet article, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a rendu son verdict sur le programme d'achats d'actifs lancé par la BCE à l'époque de Mario Draghi. Il s'agit d'un programme d'achat de dette d'Etat de 2.700 milliards d'euros (PSPP) initié par la Banque centrale européenne en 2015.
Comme le dit Guillaume Benoit, le verdict de la Cour était très attendu.


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